DMV #14 : Ricochet, la mine d’or en littérature jeunesse

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Pour ce nouveau DMV, j’ai décidé de faire un article sur un portail dont je ne perds jamais une occasion de vanter les mérites : Ricochet.

Accueil-Ricochet-Mozilla-Firefox

Je suis certaine que pas mal d’entre vous en ont déjà entendu parlé.
Quand on fait une recherche en littérature jeunesse francophone, Ricochet est un INCONTOURNABLE. (oui, en majuscules et en gras :p )
Le portail est développé par l’Institut suisse Jeunesse et médias, et son point fort à mon sens, c’est son moteur de recherche avancée qui vous permet de trouver, dans une base riche de plus de 60 000 titres, le ou les ouvrages jeunesse qui vous intéressent.

2018-11-18 11_31_03-Livres _ Ricochet
Grâce à lui, vous pouvez filtrer par support (ils appellent ça « genre », mais pour moi ça prête à confusion, surtout en imaginaire), collection, éditeur, auteur/illustrateur, date de publication, mais aussi (et c’est très puissant) par âge cible, mots-clés présents dans les résumés/avis de lecture et même thèmes.

Le champ thèmes est un champ indexé (c’est à dire que vous avez un certain nombre de thèmes à l’intitulé normalisé qui vous est proposé), mais il est tout de même très complet et aide vraiment à affiner la recherche.

Vous pouvez aussi filtrer sur des critères tels que :

  • Est-ce que l’ouvrage a reçu un prix littéraire ?
  • Est-ce que l’ouvrage a été sélectionné par les rédacteurs de Ricochet ?
  • Est-ce que la fiche de l’ouvrage comprend un avis de lecture ?

En effet, l’autre grande force de Ricochet, ce sont ses avis de lecture, qui permettent à mon sens d’avoir un aperçu plus approfondi des œuvres pour vous aider à faire votre choix, quelle que soit la raison pour laquelle vous utilisez le moteur.

  • Vous êtes parent/proche et vous souhaitez offrir un ouvrage jeunesse pour un enfant/adolescent de votre entourage ?
  • Vous êtes enseignant/animateur/éducateur et vous avez besoin d’un ouvrage jeunesse comme base de construction d’une séquence pédagogique ?
  • Vous êtes auteur, et vous voulez connaître ce qui se fait sur une certaine thématique ? Ce qui a été publié par tel ou tel éditeur ? Ce qui est plébiscité ? Ou bien vous souhaitez vous documenter sur un âge-cible précis ?

Ricochet sera un excellent point de départ pour vos recherches exploratoires.

A noter qu’à côté de cela, le portail est une mine d’or informationnelle sur les éditeurs (plus de 1800 notices), les auteurs/illustrateurs (plus de 15000 répertoriés) pour la jeunesse. Il y a même une base de données des « prix littéraires » jeunesse (où vous pouvez filtrer par pays), avec des fiches qui rassemblent notamment les noms des lauréats de chaque année.

2018-11-18 12_17_17-Les Pépites du Salon de Montreuil _ Ricochet

Mais Ricochet, c’est aussi un site d’actualités et d’interviews autour de la littérature jeunesse francophone. Si je trouve un peu bizarre le classement de leurs résultats de recherche sur la page dédiée (les actualités ne sont pas rangées par ordre anté-chronologique, du coup vous avez les actus les plus anciennes qui apparaissent en premier sur la page EDIT du 21/11/2018 : après discussion avec l’un des super-héros responsables du site, il s’est avéré que c’était un bug ! Les actus les plus récentes sont bien en premier sur la page 🙂 ), l’idéal est tout de même de s’abonner à la newsletter afin de recevoir les infos directement sur sa boite mail.

Le petit + de ce DMV : la possibilité de se créer une bibliographie (un panier de notices que vous aurez préalablement sélectionnées), histoire de l’imprimer une fois votre recherche terminée… et de filer avec en librairie 🙂

Réforme du statut des artistes-auteurs : Comment se tenir au courant ?

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Je suis documentaliste de formation.
Du coup, quand il s’agit de creuser et d’extraire de l’info fiable du bruit incroyable que produit le web, c’est plutôt dans mes cordes 🙂
Ces derniers mois, on a assisté à pas mal de remous et de prises de paroles (surtout à l’écrit) concernant la réforme du statut des artistes-auteurs. Et c’est pas toujours facile de s’y retrouver entre les différents arguments avancés, les témoignages, les rumeurs et inquiétudes diverses, les manœuvres de communication de tout bord (tantôt qui apaisent le climat social, tantôt qui mettent le feu aux poudres)… Alors, pour celles et ceux que ça intéresse, je me suis dit que j’allais regrouper dans un billet rapide les liens utiles, des sources primaires ou secondaires avec de la donnée factuelle, histoire de suivre efficacement la progression des concertations en cours et futures sur cette fameuse réforme.

À consulter : le calendrier des concertations posté par madame la Ministre pour les mois à venir (Françoise Nyssen qui continuera à piloter cette concertation, malgré le fait que la régulation économique du secteur de l’édition lui ait été confisquée par décret) :

Le site dédié aux Etats généraux du livre (reconnaissable à son hashtag #auteursencolère) est à ne pas louper.
Développé par le Conseil permanent des écrivains (CPE), il reprend, dans une même page, les points de friction de la réforme et fait le bilan en rappelant les interrogations soulevées et où se sont pour l’instant arrêtées les discussions avec les interlocuteurs en charge du dossier.

A suivre de même pour leurs brèves et leurs actualités synthétiques :
– Le site de SNAC BD (le Syndicat national des auteurs et compositeurs)
– Le site de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Ce site est par ailleurs une mine d’or en matière de juridique et de fiscalité pour les artistes-auteurs, n’hésitez pas à explorer l’ensemble de ses rubriques.
– Le site du CPE (Conseil permanent des écrivains)
– Le site de la SGDL (Société des gens de lettres – L’adhésion est à 50 € et les membres qui passent par Paris ont la possibilité, grâce à la SGDL, de consulter une estimation de leurs chiffres de vente à l’Hôtel de Massa – 14ème arrondissement – via un accès au Panelsculture Gfk mis à leur disposition).

Il peut être aussi pertinent de garder un œil sur d’autres sources, telles que :
– Les actualités du Ministère de la Culture
– Les actualités du SNE (Syndicat national de l’édition), et plus particulièrement les communiqués de presse, afin de prendre connaissance du positionnement des représentants de l’édition sur la question (il y a même une newsletter, si vous préférez recevoir tout ça sur votre mail).

Comme dit plus haut, je suis documentaliste de formation. J’ai deux métiers, celui lié à cette formation initiale et le second, celui de romancière. Et comme beaucoup, ce deuxième métier ne me nourrit pas le ventre. Il m’enrichit de plein d’autres manières, mais ce n’est pas lui qui me permet de conserver un toit au-dessus de ma tête.
Dans mon cas, ça me va très bien. C’est un choix conscient : je n’ai absolument pas envie de laisser tomber la documentation, qui m’enrichit de plein de façons aussi, intellectuellement, socialement, durablement…
Si je faisais un choix différent, si je voulais vivre de mon seul métier de romancière en France, ce serait difficile, ce serait risqué. Ce serait une galère au quotidien. Non, en réalité, ce serait impossible. La plupart des gens qui témoignent dans ce sens ne sont d’ailleurs jamais strictement romanciers. Ils survivent de l’écriture, certes, mais ils cumulent le plus souvent plusieurs boulots dans le milieu, plusieurs « casquettes » comme on dit. Ce qui les paie, c’est avant tout un travail de représentation (par les interventions scolaires, les conférences dans les médiathèques, etc.), de prête-voix ou d’édition (que ce soit via la traduction, la correction, la direction édito, le travail d’écrivain-fantôme, la novélisation sur commande de licences, etc.). Dans la France d’aujourd’hui, on n’est jamais à 100% écrivain. Et demain ? Je ne me fais pas d’illusion, l’impossible restera ce qu’il est : tenace. Mais pour l’avenir, j’aimerais croire que le nombre et la diversité de celles et ceux qui font les littératures dans notre beau pays ne se détériorera pas, simplement parce que plusieurs réformes sont en train d’oublier l’importance de la culture pour notre rayonnement à l’international. La culture est un pouvoir ; la négliger sera toujours un désastre, à petite et à grande échelles.

Un rapport de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) et de l’IGAC (la même, pour le culturel) avec des préconisations est attendu pour octobre prochain. Quelque chose me dit qu’il sera intéressant de décortiquer ce document quand il sortira. Gardons espoir et restons solidaires !

SimPlement : le site d’échanges de services de presse

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*Regarde la date du dernier billet* 4 juillet…
*Regarde la date d’aujourd’hui* Boaf ! Ça aurait pu être pire ! 😀

Hello les ptits loups, j’espère que vous avez passé un bel été. Il est temps pour moi de reprendre du service par ici… Avant de revenir faire un billet pour vous parler de mon actualité d’auteur (et des travaux en cours d’écriture), je voulais vous parler d’un site internet qui pourra sans doute intéresser certain.e.s d’entre vous.
Oui, vous : auteurs (indépendants ou non), éditeurs en recherche de chroniqueurs, et bloggeurs livres/booktubeurs.

SimPlement est un site internet avec une mission bien précise : faciliter l’échange de services de presse (SP).
Pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est SP, c’est un exemplaire (papier ou numérique) d’un ouvrage, généralement distribué par une maison d’édition à un journaliste. Aujourd’hui, le monde de l’édition et les relais d’information ayant évolué, les SP sont parfois envoyés par les auteurs (quand ils sont indépendants, quand ils sont engagés dans une démarche d’auto-édition…) à des chroniqueurs web qui n’ont pas besoin de brandir une carte de presse pour écrire d’excellents avis détaillés sur leurs lectures.

À l’occasion de la sortie des Larmes de Yada en mai dernier, et forte de quelques exemplaires à distribuer, j’ai donc décidé de vérifier ce que ce site avait dans le ventre.

1. Une interface sobre, simple et intuitive

Les couleurs de l’interface de SimPlement rappellent très fort celles d’un réseau social bien connu. Toutefois, s’il est possible d’échanger des messages entre membres du site, SimPlement n’a pas vocation à remplacer Facebook. L’interface est minimaliste, les seules illustrations que vous croiserez seront très probablement les vignettes profils des membres et les couvertures des ouvrages. Si j’ai un bémol à exprimer, c’est sur l’accessibilité visuelle du site (la police et les éléments d’affichage sont minuscules… surtout dans les commentaires et la messagerie privée. Heureusement qu’aujourd’hui on a le CTRL + mollette. Notez que je n’ai pas essayé de visualiser le site sur mon smartphone, je ne sais pas ce que ça donne mais je pense, vu sa réaction au zoom/dézoomage, qu’il doit s’adapter à la taille de votre écran).

À l’inscription, vous avez le choix entre un profil éditeur/auteur ou un profil chroniqueur, avec une petite personnalisation de l’interface qui suit : d’un côté, la possibilité de proposer des SP ; de l’autre, la possibilité de poster des chroniques.
Les fonctionnalités ne sont pas nombreuses, mais elles suffisent amplement et répondent à la mission du site. Création d’un profil, calendrier de suivi des chroniques, récapitulatif des notifications, possibilité de bloquer un membre et de gérer ses relations (abonnements aux SP d’un auteur quand on est inscrit en tant que chroniqueur, par exemple). La FAQ est très lisible et passe en revue les principales questions de fonctionnement que je me suis posée à l’usage. Ceci étant dit, SimPlement est tellement facile d’utilisation qu’il est bien possible que vous n’ayez jamais besoin de la consulter.

2. Le profil : un outil de sélection efficace (mais à améliorer)

Je ne vous ferai un retour que sur ce que je connais, à savoir que j’ai ouvert un compte auteur et que j’ai donc été amenée à regarder des profils de chroniqueurs. Au début, j’ai reçu pas mal de demandes de lecteurs intéressés par la présentation de l’ouvrage. N’ayant qu’un nombre limité de SP à distribuer, je devais trouver un moyen de faire une sélection. (Notez que vous avez aussi la possibilité, en tant qu’éditeur / auteur, de proposer votre SP par message direct à un chroniqueur que vous aurez choisi au préalable).
Le profil d’un chroniqueur est plus ou moins détaillé et complet. À la recherche, vous vous rendez compte qu’il y a beaucoup de « bruit » : de nombreux chroniqueurs indiquent trop de « genres de prédilection » afin d’avoir la chance d’apparaître dans le moteur/d’être choisis, à mon avis. La saisie des « genres de prédilection » (qui fonctionnent comme des hashtags twitter et se transforment en mots-clés cliquables afin d’affiner la recherche) est libre, ce qui signifie que, pour trouver tous les lecteurs de « science-fiction », il faudra rechercher sur « sciencefiction » (sans le tiret), « sf », etc. Ça rend la chose un peu fastidieuse.

Heureusement, il reste la présentation libre, qui permet à mon sens de se faire une idée plus précise de la personne. Le chroniqueur peut aussi indiquer sur quels réseaux sociaux il est inscrit (babelio, facebook, twitter, instagram, livraddict, booknode, etc.) mais attention : j’ai l’impression qu’il ne peut indiquer qu’un seul « média de publication » pour sa chronique (souvent, le blog).
Ce qui fait que, quand vous sélectionnez un chroniqueur, vous ne pouvez jamais être certains de quel(s) réseaux il va utiliser afin de relayer son avis (à moins qu’il le précise directement dans sa présentation libre ou les messages que vous échangez avec lui). C’est vraiment un détail vous me direz, mais je trouve que ça aurait été une info complémentaire intéressante 🙂

Un exemple de recherche de chroniqueurs sur le mot-clé #youngadult (j’ai volontairement masqué les identités des membres)

3. Un suivi rigoureux des SP (et des chroniques associées)… évaluation à l’appui !

L’intérêt de SimPlement, c’est l’engagement auquel il pousse. L’engagement d’un éditeur à fournir le SP, mais aussi celui du chroniqueur qui le reçoit à respecter les délais pour son retour sur l’ouvrage. Cet engagement est double, car une évaluation (faite par les deux membres engagés) est attendue en fin d’échange, et visible par tous. Du côté de l’éditeur / auteur, les trois critères de notation de la chronique sont les suivants : qualité de la chronique / respect des délais / cordialité et communication. Ce qui est évalué, c’est bien le respect des engagements pris (et non le fait que vous soyez ou non content du contenu du retour sur votre ouvrage !!).

Les chroniqueurs engrangent ainsi un « score de confiance » (et débloquent des badges) qui peut encore être utilisé pour faire une sélection entre eux (mais je trouve que ça a un effet pervers, parce que ça a tendance à favoriser ceux dont le score est déjà très haut, des chroniqueurs qui ont peut-être déjà beaucoup de SP sur leur pile à lire…)

Le suivi des envois, l’accès aux cordonnées est facilité : il y a des validations pour toutes les étapes du processus (acceptation de l’échange / validation de l’envoi postal ou numérique / suivi de l’état de lecture du SP / validation de la chronique / validation des évaluations…), ce qui me laisse une impression positive de rigueur à l’usage (sans que ce soit rigide).

En résumé, SimPlement est un outil que je vous conseille chaudement. Je pense qu’il a de beaux jours devant lui et, comme il vient à peine de naître (il n’a que quelques mois au compteur), j’entrevois une bonne marge de progression 🙂 D’autant que son utilisation est gratuite (il existe une version premium, mais vu que le palier gratuit permet 60 invitations et 3 envois de SP par mois, vous avez de quoi voir venir !!!)
Il ne me reste plus qu’à remercier Olivia Lanchois, touche à tout et surtout excellente blogueuse livre de My Inner Shelf, qui m’a encouragée à m’y inscrire ! Pour celles et ceux qui testeraient après ce billet, n’hésitez pas à venir en parler en commentaires 🙂
A très bientôt !