Retour à la réalité imminent

Voilà. Les Imaginales 2014, c’est terminé. Déjà.
Ce weekend prolongé de quatre jours restera gravé dans ma mémoire. Je m’autorise à ne pas tout raconter (après tout, il y a des moments qui n’appartiennent qu’à moi), mais je vais essayer d’en faire un compte-rendu fidèle.

Jeudi : j’arrive sous un ciel grisâtre, trombes de pluie à l’appui, mais j’ai déjà le sourire aux lèvres en pensant à la suite. Ma boule de cristal m’a annoncé qu’il y aurait beaucoup de grenouilles dans le coin, alors je suis joyeuse 🙂 Dépot des affaires à l’hôtel, direction le parc du Cours où je repère les lieux. De loin, j’aperçois une certaine Cindy Van Wilder dans une table ronde improvisée à l’extérieur d’un des lieux du festival (orage oblige, le chapiteau avait été fermé). Je traverse les lieux afin de découvrir le coeur des Imaginales : les allées de stands. Au centre, les librairies et les auteurs en dédicace s’installent petit à petit. Sur les côtés, les éditeurs sont déjà à l’affût. Le jeudi, c’est le jour des scolaires, et il y a déjà du passage m’explique monsieur Editions du Chat Noir (coucou Mathieu), c’est très positif pour le reste du weekend.
Je récupère un casse-croûte, et puis je vois arriver les grenouilles. C’est parti pour la chasse aux informations éditoriales ! On est aussi là afin de mettre à jour un guide bien utile aux jeunes auteurs SFFF, alors entre deux fous-rires, on interviewe, on glane des données nouvelles.
Et puis 18h arrive. Direction l’espace Cours, un bâtiment blanc à la large baie vitrée donnant sur la Moselle : le paysage est magnifique. D’autres grenouilles nous y retrouvent. On s’installe pour une conférence qui débute sous peu, à propos de techniques d’écriture. J’envoie de façon tout à fait volontaire un sms afin de déstabiliser l’un des conférenciers (qui n’a pas bronché en le lisant : cher Paul, je suis admirative !). Après la conférence, on en profite pour retourner aux stands et récupérer nos premières dédicaces. On fait travailler les stylos de Silène Edgar et Paul Beorn pour leur 14-14 🙂 La suite de la soirée se déroule dans un restaurant au centre d’Epinal (où on a piqué la place à d’autres auteurs, heureusement c’était des copains et la salle était assez grande pour accueillir tout le monde), puis dans un bar à vins où des lectures nocturnes sont prévues. J’ai notamment l’occasion de rencontrer monsieur Bragelonne (coucou Stéphane). Les bouteilles filent, les discussions autour de l’écriture aussi, tant et si bien que le patron du bar finit par nous mettre à la porte. On avait du vider l’intégralité de sa cave 😀 Je ferme les yeux vers 4 ou 5h.

Vendredi : je vous laisse imaginer le mal de tête.
Deux cachets, des litres d’eau et surtout, surtout, pas de sieste. Le speed-dating, c’est dans quelques heures à peine, et impossible pour moi d’arriver assommée d’avoir dormi en journée. Je relis mes notes, un ami me fait réviser. Et puis il y a le pique-nique, qui se déroule sous la grande tente parce que l’herbe est encore humide. On grignote, on se rend en conférence (où je lutte pour ne pas m’assoupir). Je croise monsieur Bragelonne pour une séance de pitching improvisée. Ca ne fait pas vraiment partie du speed-dating, mais c’est tout comme. Je laisse de côté mon stress et écoute les conseils promulgués. Le speed-dating, le formel, l’institué, approche à grands pas. Je rejoins le petit groupe de jeunes auteurs qui va subir l’épreuve tant attendue. Silène Edgar nous guide jusqu’à une adresse à l’extérieur du site du festival. Un salon de thé très cosy, à la décoration apaisante. On nous fait patienter dans une salle tandis qu’à l’étage, les trois éditeurs se préparent à nous rencontrer.
Quand on nous annonce qui a fait le déplacement, je me fige d’excitation. L’Atalante est là. Je rêve de cette maison depuis dix ans au moins, depuis le jour où ado, j’ai ouvert l’un des premiers tomes du Disque-Monde. Silène nous explique comment ça va se dérouler, et nous demande de choisir deux éditeurs sur les trois présents, alors on s’exécute. Pour moi, ce sera L’Atalante et Mnémos. Durant l’attente, je laisse mes notes de côté et m’intéresse à autre chose, même si c’est difficile. Tout pour ne pas penser au moment où je vais me retrouver assise devant l’éditeur afin de convaincre. Je me dis que j’ai de la chance d’être là, et soutenue par des amis qui y croient beaucoup plus que moi. Et puis on m’appelle, alors une bouffée de stress me fait trembler pendant que je gravis les escaliers jusqu’à l’étage, là où patientent nos interlocutrices. Elle disparaît au bout des cinq secondes de lancement, grâce à la bienveillance de celles qui sont là pour nous rencontrer. Une fois le pitch exposé, elles relancent, posent des questions : « Quels sont les thèmes du livre ? », « Dites-en plus sur vos personnages », « À quel public est-ce destiné ? », etc.
Cette épreuve-là se répète donc deux fois. Entre les deux passages, on retourne dans la salle d’attente où l’on partage nos impressions, nos ressentis, nos joies ou nos déceptions. On se rassure mutuellement. Pour moi, c’est extrêmement positif, je repars avec des demandes de manuscrits et des promesses d’avis. Direction un restaurant pour retrouver d’autres amis. La pression retombe, la fatigue refait surface, mais mon sourire ne s’effacera pas du weekend 🙂

Samedi : J’émerge difficilement (du sommeil en retard, je crois ?) et arrive sur les lieux en début d’après-midi, pour la fin du pique-nique. Celui-ci s’est encore déroulé en intérieur, malgré le beau temps du jour. Beaucoup de papotages en perspective, quelques conférences (mais pas trop), des bains de soleil et des achats dédicacés. Une course entre deux auteurs se trame au stand du Chat noir, alors je fais gagner mon Agnès préférée 😛 (merci pour la belle lecture promise, ma belle). Vers 19h, on se dirige tous vers la remise des prix Imaginales 2014. Jean-Philippe Jaworski reçoit une deuxième récompense, mais on est surtout là pour féliciter notre copine Cindy Van Wilder et ses Outrepasseurs. Une fois la remise terminée, direction le restaurant où les bavardages se poursuivent. Certains nous quittent vers minuit, les plus valeureux d’entre nous se rendent au bar à vins, lieu de rencontre habituel. La soirée s’éternise encore jusqu’à 3h du matin. Demain, c’est dimanche, dernier jour. Je ne veux pas que ça s’arrête.

Dimanche : les lieux du festival sont beaucoup plus calmes. Certains (moi comprise) ont déjà fait leurs bagages en prévision de leur départ. Le public et quelques animations circulent encore dans les allées, mais on sent bien que c’est la fin. Le soleil est au rendez-vous, alors on s’installe sur l’herbe une dernière fois. Trois casse-cou nous racontent leur saut à l’élastique (au sens propre… et en plus, vous voulez recommencer l’an prochain ! Vous êtes fous :)) Dans quelques heures, je retourne à Lyon mais si j’ai le coeur un peu gros de quitter mes amis, il s’allège en repensant au contenu de ce weekend magique.

Je ne peux pas terminer ce compte-rendu des Imaginales 2014 sans dire merci. Merci à tous et toutes d’être là, grenouilles ou non, auteurs, éditeurs. Vous avez rendu ce weekend inoubliable, par votre soutien, votre gentillesse, votre amour pour l’écriture et les gens, votre passion intarrissable pour la littérature de l’imaginaire et la vie toute entière. Chère Gabrielle, à chaque fois qu’on en parle je retiens mes larmes de joie, je suis toujours à deux doigts de craquer. Oui j’ai trouvé ma place, j’y suis heureuse et je ne la quitterai pour rien au monde. Rien. Ces Imaginales n’ont fait que confirmer cela. Je vous aime, tous et toutes. Vive l’écriture et l’imaginaire 🙂

En mai, fais ce qu’il te plait (mais pas trop quand même)

Oui parce que…

Quand votre blog personnifié vient vous gronder, en pleine nuit, parce que vous ne vous occupez pas de lui, une réaction s’impose.
Non mais c’est n’importe quoi, je vous jure, internet qui vient vous embêter alors que vous dormez et que vous rêvez de plein d’autres… faits très intéressants (beaucoup plus intéressants qu’un blog et dépourvus d’artifices vestimentaires).
Et là, le blog débarque sur son cheval blanc, pour vous rabâcher les oreilles sur ce que vous avez à faire en mai, vu que vous l’avez oublié le mois dernier.
Mais, cher blog, tu n’as pas vu que ce mois de mai, c’est un peu la panique ?
Elle aussi aurait pu débarquer en plein batifolage parce qu’elle est archi-présente, pourtant elle a la délicatesse de rester dans l’ombre dans ce genre de moments.
Elle se la joue en mode sourdine, la maline.

« Boaf, pourquoi tu stresses ? » me demande le Blog, avec un air innocent.
Résumons :
Dans 9 jours, 9 minuscules petits jours, les Imaginales commencent. On n’a jamais été aussi près du commencement, et plus ça va, plus ça se rapproche.
Après Zone Franche, ce sera mon premier gros festival de littérature imaginaire.
Et bien entendu, j’ai décidé roman en main de tenter l’aventure du speed-dating. Tant qu’à faire, autant cumuler les premières fois hein.
Le speed-dating éditeurs, ça consiste à rencontrer des éditeurs mystérieux dans un lieu tout aussi mystérieux et à leur présenter votre bébé. Vous avez 10 minutes pour les émerveiller, les convaincre et atteindre la « première base » avec eux (c’est à dire, en tout bien tout honneur, des coordonnées et une promesse de travailler ensemble ?)
Du coup, prévoyante, j’avais envoyé ma petite inscription il y a un mois. C’était sans compter sur internet et sa filouterie crasse (apparemment, le mail s’est perdu dans les méandres du protocole SMTP).
J’ai appris ça il y a 2 jours.
Petit haut-le-coeur qui va bien.
J’ai renvoyé le tout, fiche d’inscription à l’appui, sourire crispé à l’appui, mains moites en sus.
Et là, j’attends l’accusé de réception, qui ne veut pas venir.
J moins 9.
Tout va bien. Y parait que c’est la routine.
Ben vous savez quoi ? J’aime pas la routine. La routine elle me court sur le haricot. J’aime bien les surprises, et si elles peuvent être positives (comme un accusé de réception par exemple), c’est encore plus chouette. Là, le Blog me tend une serviette et se prend pour Doug Adams : « C’est pas le moment de perdre pied ».

Bon, et puis du coup, un speed-dating, ça demande un peu de préparation.
C’est pas de la tarte de parler d’un roman (même si on l’aime d’amour) devant quelqu’un qui n’a pas vécu avec lui et qui ne le connait donc pas aussi bien que vous. Alors je peaufine les pitchs, la prise de parole, la posture, et puis pour calmer mes nerfs, je fais travailler l’imprimante. Oui, le bruit d’impression a quelque chose d’apaisant, et puis voir les feuilles sortir avec des mots (vos mots) dessus, bien présentés dans une jolie police, c’est très chouette. Jusqu’à ce que vous vous aperceviez qu’une coquille est passée entre les mailles de votre filet correcteur, qu’il va falloir tout recommencer, oh et puis la marge qui n’est pas assez grande, on balance tous les arbres de la forêt amazonienne à la poubelle et zou … une baffe à madame Panique et ça repart.
J moins 9.

Ce qui me rassure, c’est que quand même, je serai bien entourée à Epinal. Des dizaines de grenouilles seront là, certaines très chères à mon cœur alors du coup, entre deux bouffées de stress, je pourrai reprendre une bonne goulée d’oxygène auprès d’elles.
Et puis les Imaginales, ce sera aussi plein de rencontres, de bisous, de massages (si les gens veulent bien me prêter leurs dos 😀 ), de livres (achetés ou pas), de rires, de chocolat et de miel, de conférences et d’écriture, encore, toujours.
J moins 9.
Il y a des fois où l’on aimerait bien que le temps passe plus vite, non ?

« Tu reviens me voir fin mai pour raconter ? » tente le Blog.
Tu sais que j’ai un roman à terminer, tout de même ? Et un autre à corriger ? Et des nouvelles à écrire ? Et une alpha-lecture de manuscrit à mener ? Et des éditeurs à contacter ? et…